Une société tchèque numérise le Bundestag

République Tchèque/Allemagne – Que la plateforme Internet du Parlement allemand ait toujours été considérée une des plus mal conçues du web, était une évidence pour tous ceux qui souhaitainent s’informer en direct du travail des parlementaires. Face aux critiques dont elle faisait l’objet, les états-majors ont lancé un appel d’offres qui a été remporté, non pas par une société nationale, mais par une jeune entreprise tchèque, Ackee, fondée en 2012 et dirigée depuis  par le jeune informaticien Josef Gattermeyer. Parce que les informations diffusées par le Bundestag l’étaient sur la base d’une application datant de 2010, Ackee s’est engagée à la revoir de fond en comble et de corriger toutes les imperfections à l’origine des critiques. Opérationnel dès l’automne prochain, c’est-à-dire dans les jours qui viennent, le site du Bundestag permettra aux internautes d’accéder en quelques secondes aux contenus de leur choix et sans attendre de longues minutes, comme c’était  le cas jusqu’à présent. Parallèlement à la vitesse de transmission des données, Josef Gattermayer (notre photo) a proposé une application qui va permettre aux visiteurs de prendre connaissance avec précision de ce qui passe à l’intérieur de l’édifice. La priorité d’Ackee a été de rendre transparentes la teneur et les conséquences des textes législatifs adoptés lors des séances. Pour ce faire, les sessions plénières et en commissions seront retransmises en direct. Pour que les internautes puissent connaître les tenants et aboutissants d’un texte législatif, ils auront la possibilité d’accéder à toutes les archives ayant trait au sujet concerné. Egalement en live, seront disponibles l’ordre du jour et la liste exhaustive des intervenants, avec possibilité pour chacun d’entre eux de faire apparaître sur l’écran leur biographie. La barre de navigation ainsi que l’accès aux rubriques ont été redéveloppés de A à Z afin que les citoyens s’intéressent de nouveau et de manière objective à la politique. Que les Allemands aient porté leur dévolu sur une entreprise tchèque n’est pas anodin, car c’est des pays d’Europe Centrale que surgit et prospère un nombre croissant de « fake-news » dont les effets à court terme peuvent se révéler dévastateurs. « Nous avons tout mis en œuvre pour que les internautes se sentent concernés par la politique qui ne doit plus être imposée mais comprise. » Conscient que son équipe et lui-même sont davantage des spécialistes de l’informatique et des programmateurs  que des businessmen, Ackee préfère intervenir en tant que conseil auprès de start-ups plutôt que d’en créer une à titre personnel. La philosophie de l’entreprise n’est pas de générer des profits astronomiques en un cours instant, mais de travailler sur des logiciels et des programmes sophistiqués tenant compte du potentiel des nouvelles technologies. Cette stratégie, davantage philosophique que mercantile, devrait contribuer à rendre l’univers politique plus démocratique qu’il ne l’est à l’heure actuelle. Elle est surtout salutaire sur le plan journalistique car elle devrait contribuer à ce que les propos ne soient plus déformés ou mal interprétés. Chacun ayant la possibilité en direct ou en rattrapage vidéo de savoir ce qui a été réellement dit et surtout dans quel contexte. Il est temps d’en finir avec les twitts qui autorisent les hommes politiques à communiquer à leur guise sans plus avoir à rencontrer physiquement leurs électeurs. Ackee emploie cinquante personnes qui partagent leur temps entre Prague et Berlin. Vjp

(Source : pg5i / Nombre de mots : 558)

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