Première mondiale en Hongrie : un secrétariat d’Etat dédié aux chrétiens du Moyen-Orient

Hongrie – Le gouvernement hongrois a décidé de créer un secrétariat d’Etat dédié aux chrétiens vivant encore au Moyen-Orient. Depuis de longs mois, le ministre-président Viktor Orban, prend des initiatives pour soutenir une communauté persécutée qui risque de bientôt disparaître, si rien de concret n’est entrepris. Cette structure n’a pas été rattachée au ministère des Affaires Etrangères mais à celui des Affaires Sociales, ce qui tend à prouver qu’elle sera davantage orientée vers l’humanitaire que vers la politique. Alors que partout dans le monde des associations ou organisations non gouvernementales alertent les Etats de l’urgence d’intervenir plus efficacement pour aider les chrétiens des Proche et Moyen-Orient, rien n’a réellement été mis en place pour coordonner rationnellement leurs actions. Or, comme l’a confié le secrétaire d’Etat nouvellement nommé, Tamas Török, au magazine « Budapester Zeitung », « la minorité chrétienne peut encore jouer un rôle important dans le processus de paix dans ces régions. » Mais il faut faire vite, car si cette communauté y représentait 25% de la population au début du 20è siècle, elle se situe désormais au dernier rang des religions pratiquées. On estime à trente trois pour mille habitants le nombre de personnes qui prennent le risque de prier en dehors des règles édictées par le Coran. Selon M.  Török, le printemps arabe dont on a cru qu’il avait été le signe d’une « exportation de la démocratie » n’a, en réalité, abouti qu’à un renforcement de la répression islamiste.  Il dénonce les « nettoyages ethniques » dont sont victimes les chrétiens et que la communauté internationale se contente d’observer sans agir, comme si elle avait honte d’intervenir pour « aider des personnes qui font partie de notre famille. » Il tient à ajouter « qu’on le veuille au non, qu’il soit croyant ou athée tout Européen savoure les fruits nés du christianisme. »

Un congrès international de sensibilisation

Le problème majeur auquel nous serions confrontés est le fait que «  les jeunes générations considèrent  l’égalité entre les hommes et les femmes et la démocratie comme des évidences, alors qu’elle n’existeraient pas si elles n’avaient été inscrites dans les règles judéo-chrétiennes. » Partant du principe qu’il est temps de faire comprendre qu’elles sont menacées, Tamas Török insiste en précisant que « l’engagement pour son prochain est quelque chose de tout à fait naturel. La communauté musulmane en est consciente lorsqu’elle défend, en Europe, les intérêts de ses fidèles. » A la question de savoir si l’initiative hongroise sera bien vue dans un monde où on dénonce le « politiquement correct », M. Török répond : « Je trouve politiquement correct de dire la vérité et de manifester sa solidarité à l’égard de ses proches. » Or, à l’heure actuelle les chrétiens sont la minorité la plus menacée au monde et « dans 80 pays, vivent 200 millions de personnes qui sont discriminés dont 80% peuvent être assassinées. » Mais la création du secrétariat d’Etat ne consistera pas seulement à dénoncer car des moyens importants seront mis à sa disposition pour sensibiliser l’opinion à la détresse des chrétiens. A cet effet, est prévu, dès 2017, un congrès annuel qui se déroulera dans la capitale hongroise. « Nous aimerions que Budapest devienne le centre international de protection des chrétiens » a annoncé Tamas Török qui prévoit par ailleurs l’édition d’un journal annuel plurilingue qui décrira les situations dans lesquelles vivent les persécutés. Un budget sera par ailleurs alloué à la production de documentaires qui mettront prioritairement l’accent sur l’histoire des religions. Une nécessité pour rappeler que « pendant plus de 2.000 ans, chrétiens et non chrétiens ont plus ou moins bien cohabité en paix » et le premier secrétaire d’Etat aux persécutés de  poser la question de fond : « Pourquoi et surtout comment des musulmans pacifistes ont-ils été poussés à la révolte ? » Pour tenter d’y répondre ou d’y faire répondre par des experts de tous les continents, il pourra compter sur une première équipe de dix personnes qui a été mise en place. Epaulée par le ministère de tutelle, elle sera amenée à collaborer avec certains départements d’autres organisations publiques ou privées. T. Török souhaite naturellement aller transmettre son message auprès des premiers concernés et envisage de se rendre prochainement à Erbil, au nord-est de l’Irak, où la Hongrie a cofinancé une école chrétienne. Un sous-secrétaire d’Etat a été nommé ; lequel sera entre autre chargé de mettre en place un programme destiné à 250 élèves en provenance du Moyen-Orient qui seront formés et encadrés en Hongrie. Vital-Joseph Philibert

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