Le marché biélorusse ouvert aux investisseurs étrangers

Sven-Boris Brunner, directeur général de Militzer & Münch

Allemagne/Biélorussie – C’est au sein de la Maison de l’Economie Allemande de Berlin HDW (Haus des Deutschen Wirtschaft) qu’a eu hier une conférence centrée sur les potentialités économiques de la Biélorussie, à laquelle 150 experts et chefs d’entreprises ont participé. Deux questions étaient à l’ordre du jour : pourquoi la Biélorussie ne parvient-elle pas à attirer davantage d’investisseurs ? Que devraient entreprendre les autorités du pays pour résoudre ce problème ? La problématique est d’autant plus récurrente qu’elle incite à comparer le contexte biélorusse à celui de la République Tchèque, de la Hongrie et de la Pologne, trois pays qui, eux, malgré des difficultés comparables sont parvenus à sortir de la crise. Ils ont vu affluer un nombre important d’entreprises allemandes alors que la Biélorussie ne cesse d’en perdre.  Certes, la situation n’est pas dramatique mais le retrait de vingt-quatre sociétés entre 2006 et 2014, soit 6,4% des implantations allemandes, est un premier signal. Selon un chef d’entreprise présent à la conférence, les relations commerciales souffrent d’une trop grande politisation des négociations. Une critique admise par le vice-ministre de l’Economie, Anton Kudasow qui considère toutefois que ce problème est compensé par l’importance du socle industriel et la présence d’un personnel qualifié et expérimenté. Pour confirmer cet argument, M.Kudasow cite le pôle de compétitivité BHTP (Belarus High Technologies Park) qui regroupe 144 entreprises employant quelque 22.000 personnes parmi lesquelles le développeur de logiciels EPAM et la filiale de la banque russe Sberbank, Sberbank Technologies. Deux autres personnalités sont du même avis. Ulf Schneider, directeur associé du groupe Schneider, d’une part et Tobias Kohler, directeur de la filiale lituanienne et biélorusse du cabinet de conseil Rödl & Partner. Alors que le premier met en avant le situation géographique du pays qui le rend prédestiné au développement des services de télécommunication, le second estime que les embûches administratives peuvent être facilement contournées car la plupart des nouvelles  législations s’adaptent aux standards occidentaux. Un point de vue partagé par Sven-Boris Brunner, directeur de la société de transports et de logistique Militzer & Münch, implantée à Hof dans l’est bavarois, laquelle a créé douze filiales et 400 emplois et constitué une flotte de 200 poids lourds dans le pays. Comme il est désormais de coutume dans les territoires d’Europe Orientale, ce sont les investisseurs chinois qui manifestent le plus vif intérêt à l’égard de la Biélorussie avec laquelle ils fondent « The Great Stone Park », c’est-à-dire un deuxième pôle de compétitivité, spécialisé dans les hautes technologies, l’industrie pharmaceutique et les sciences de la vie. Ce cluster va s’étendre sur quatre-vingt kilomètres carrés. (tk)

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