L’expulsion d’un jeune Afghan provoque la consternation en Allemagne

Allemagne – Lorsque les policiers sont venus appréhender un jeune Afghan de 20 ans, contraint de repartir dans son pays, ils ne s’attendaient pas à ce que ses camarades d’école, prennent sa défense et s’opposent violemment à son expulsion. A peine était-il entré dans  le véhicule des forces de l’ordre, qu’un groupe de manifestants s’est formé pour bloquer le transfert de ce réfugié dont le seul tort avait été de voir son dossier de demande d’asile rejeté par les autorités. De tels événements sont relativement fréquents, mais il est rare qu’ils prennent une telle ampleur, à l’instar de ce qui s’est produit hier, à Nuremberg, où les rebelles solidaires ont été spontanément rejoints par plus de trois cents personnes. Les forces de police n’ont pas pu, malgré le recours à des bombes lacrymogènes, empêcher ce défilé improvisé de se diriger dans le centre ville. Ce dramatique fait divers révèle le malaise qui sévit actuellement en Allemagne, où les conditions d’expulsion sont de plus en plus remises en cause. Le gouvernement estime que certaines régions des pays d’origine sont suffisamment sûres pour permettre le rapatriement des migrants, dont ils sont ressortissants. Or, le récent attentat-suicide de Kaboul, qui a provoqué la mort de  80 personnes à proximité de l’Ambassade d’Allemagne prouve le contraire. Si dans un quartier ultra sécurisé et surveillé de tels incidents se produisent, comment peut-on alors imaginer qu’on puisse vivre en paix dans les autres régions afghanes ? Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a pris la décision de reporter de quelques jours le départ du jeune Afghan, estimant qu’aucun employé de l’Ambassade n’était en mesure de l’accueillir à l’aéroport. Cette mesure, temporaire, a été qualifiée de « cynique » par Katrin Göring-Eckardt, une candidate au Parlement du parti écologiste « Die Grünen », qui en appelle au ministre des Affaires Etrangères pour que soient reconsidérées les conditions de rapatriement. Elle est rejointe dans ce sens par le parti de gauche « Die Linke » mais aussi, naturellement, par Amnesty International et Pro Asyl. Ces deux organisations non gouvernementales demandent à ce que la justice allemande renonce au retour chez eux de tous les Afghans. Les incidents de Nuremberg vont sans conteste être au cœur de la campagne aux législatives de l’automne prochain. vjp

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