Les Occidentaux tuent les Bulgares à petit feu

Bulgarie/Italie/Union Européenne – Que les pays d’Europe Centrale et Orientale soient traités par les occidentaux avec mépris et sans aucune once de compréhension est un secret pour personne. Mais que personne à l’ouest de l’Europe, notamment en Italie, France et Allemagne, ne s’émeuve d’une manœuvre criminelle à grande échelle, est littéralement scandaleux. Il faut lire l’hebdomadaire économique bulgare « Wirtschaftsblatt » pour constater quelle altitude peut atteindre le sommet du cynisme. De quoi s’agit-il ? D’un produit de consommation courante qui fait l’objet depuis plus de deux ans d’un scandale d’Etat d’envergure internationale. Il s’agit naturellement des moteurs-diesel dont on nous a dit pendant des décennies qu’ils étaient performants et les mieux adaptés aux attentes des consommateurs. Les constructeurs automobiles et plus particulièrement le plus emblématique d’entre eux, Volkswagen, nous ont impunément mentis et dupés en nous vendant des véhicules qui étaient de plus en plus chers alors que leurs moteurs étaient de plus en plus truqués. Ils ont investi des centaines de millions d’euros dans des recherches qui étaient destinés à limiter les effets de serre alors qu’ils l’étaient pour fausser les contrôles techniques. Beaucoup, à Berlin, à Paris et bien entendu à Bruxelles se sont offusqués, mais aucun n’a pris les mesures qui s’imposaient pour dédommager les victimes de ces turpitudes industrielles. Les grands médias, écrits et audiovisuels, qui n’existeraient plus sans les millions de publicité qu’ils engrangent grâce aux pages et aux spots publicitaires, dont les gratifient les marques automobiles,  ont naturellement fait profil bas et se sont bien gardés de mener les investigations que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs étaient en droit d’attendre d’eux.  Sans s’en rendre compte les citoyens européens se sont  transformés en femmes et hommes soumis, à l’instar de ce qui se produit dans des territoires tellement corrompus que la corruption devient une évidence. Dans ce contexte, ce sont toujours les populations économiquement les plus faibles qui sont les premières touchées. Les Bulgares en font aujourd’hui la cruelle expérience. Ils croyaient sortir de la précarité en entrant dans l’Union Européenne, rêvaient d’une vie meilleure et d’un système qui, enfin, protègerait leurs enfants. Or, c’est tout l’inverse qui se produit. Leur progéniture quitte le pays où il est née car elle n’y trouve ni travail, ni espoir et va  devoir bientôt respirer l’air le plus pollué de la planète. La Bulgarie est en effet devenu un gigantesque marché de voitures d’occasion. Plus de 100.000 ont été importées l’an dernier, dont un tiers de véhicules diesel qui ne trouvent plus d’acquéreurs dans les pays où ils ont été achetés. Les autorités sanitaires craignent déjà une montée en puissance des décès dus à des difficultés respiratoires, lesquelles touchent prioritairement, à côté des personnes âgées,  les enfants et les femmes enceintes. Selon l’agence européenne de l’environnement, 13.000 décès pourraient être évités chaque année en Bulgarie si l’air y était comparable à celui qui circule dans l’ouest européen. Si on ajoute à ce déplorable constat l’insuffisance des structures médicales et la baisse chronique du taux de natalité, il faudrait être carrément utopiste pour croire encore en l’avenir de la Bulgarie, dont certains centres de recherche démographique nous prédisent qu’au rythme où vont les choses, il est fort possible qu’elle ait été rayée de la carte avant le siècle prochain. Le syndicat professionnel Transport & Environnement alerte depuis des années les institutions européennes. Dans un communiqué, elle demande à ce que seules les voitures répondant aux normes conformes à l’environnement puissent entrer sur le territoire bulgare. Le plus important symbole de cette exportation malveillante et bassement mercantile est Fiat. Il est de notoriété publique, selon le « Wirtschaftsblatt »,  que le fabricant italien est le producteur des véhicules-diesel les plus polluants actuellement en circulation. Les réglementations européennes ont fixé à 80mg/km le taux maximal d’émanation de CO2 dans l’atmosphère, mais dans les rues de Sofia, il a été constaté, suite à des contrôles, qu’il pouvait atteindre les 1.030mg, soit douze fois plus. Etant donné que les ventes de voitures-diesel d’occasion ne vont cesser d’augmenter dans tous les pays européens, le risque est grand, qu’après la Bulgarie, d’autres pays soient touchés par la déferlante que les grandes puissances européennes feignent d’ignorer car elles en sont responsables. Vital-Joseph Philibert

 

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