Le gouvernement roumain met en jeu son appartenance à l’Europe

Roumanie/Allemagne/UE – Il est singulier et difficilement compréhensible que l’Allemagne soit la seule et le premier pays occidental à s’inquiéter du virage antieuropéen que prend la Roumanie. Alors que les réformes polonaises et hongroises suspectées de mettre en péril l’indépendance de la justice et de la presse n’ont de cesse d’être critiquées à l’ouest de continent, les mesures engagées par le gouvernement roumain qui s’acharne à vouloir protéger  et blanchir les personnages les plus corrompus du pays, laissent de marbre la plupart des dirigeants occidentaux. Drôle d’époque au cours de laquelle on vilipende certains états –majors parce qu’ils souhaitent protéger le peuple qui les a élus et où on reste silencieux à l’égard de méthodes dignes de régimes  dictatoriaux. Parce qu’il appartient à la minorité d’origine allemande et qu’il est l’un des seuls à vouloir ramener le pays dans le droit chemin, le Président de la République roumaine fait l’objet depuis des mois de toutes les critiques et, depuis peu, est accusé de « collaboration », au sens français du terme,  avec le régime allemand. Pour son principal adversaire, Liviu Dragnea, secrétaire général du parti social-démocrate (PSD) au pouvoir et sa femme de paille, la ministre-présidente Viorica Dancila, Klaus Johannis ne serait ni plus, ni moins qu’un agent au service d’une nouvelle Allemagne  totalitaire qui imposerait ses lois dans un territoire qui ne lui appartient pas. Cette vision pour le moins douteuse de la diplomatie n’a guère été appréciée par le président du groupe en charge des affaires européennes au Bundestag, Gunther Krichbaum, un proche de la Chancelière, qui assimile les accusations du gouvernement roumain à de la diffamation.  A la fois corrompu et faux-jeton, L.Dragnea a prié deux de ses sbires, un conseiller de Dancila, Darius Vâlcov, et un député PSD, Liviu Pop, de s’exprimer à sa place. Dans le cas où l’exécutif roumain ne reviendrait pas sur ces propos et refuserait de s’excuser,  Gunther Krichbaum (notre photo), serait disposé à intervenir pour que la Roumanie n’accède  pas en janvier prochain  à la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne. Cette menace suffira-t-elle à adoucir des tensions qu’une majorité de Roumains est la première à déplorer ? Personne ne s’hasarde à répondre parce que tout le monde a conscience qu’avec ce gouvernement tout est possible,  y compris le pire.  Si Bucarest ne pouvait succéder à Vienne à la présidence  du Conseil de l’UE, ce serait un double choc psychologique. En effet, le pays manquerait sa « première » pour exercer cette fonction et d’autre part, il perdrait de sa crédibilité en tant que terre propice aux investissements.  En 2017, le Produit Intérieur Brut a augmenté de 8% grâce à la présence de sociétés allemandes représentées dans près de 8.000 entreprises qui ont généré près de 300.000 emplois. Fort de ce succès, l’exécutif a engagé des réformes électoralistes qui ont consisté à augmenter les salaires ou supprimer les taxes sur le carburant et pris le risque de se retrouver prochainement dans la même situation que la Grèce.  En attaquent de front  et de manière irréfléchie  la République Fédérale d’Allemagne, la Roumanie tue sa poule aux œufs d’or. Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie germano-roumaine croise les doigts et espère que ce qu’il appelle pudiquement « l’impair » d’un conseiller gouvernemental, ne se transforme pas en guerre diplomatique.  (Source : adz/ Traitement en français : vjp)

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