La frontière austro-allemande maintenue sous contrôle

Autriche/Allemagne – Le ministre intérieur allemand chrétien-démocrate (CDU), Thomas de Maizière, a décidé de prolonger les contrôles à la frontière autrichienne, lesquels devaient être levés en mai prochain. Il est prévu que cette mesure soit étendue jusqu’en juin, mais il est fort possible qu’elle soit maintenue au-delà, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année. Le gouvernement ne cache sa crainte d’être confronté de nouveau avec un afflux de migrants qui serait difficile à gérer. Cette décision est un enjeu de politique intérieure car la CSU (Union Sociale Chrétienne), membre de la coalition au pouvoir fortement majoritaire en Bavière, plaide pour une limite du nombre de migrants, ce à quoi la Chancelière Angela Merkel s’oppose. Or, il sera difficile à la CDU de se maintenir au pouvoir sans l’appui inconditionnel de son allié bavarois. En septembre 2015, l’Allemagne a été le premier pays de l’espace Schengen à contrôler ses frontières avec l’Autriche. Peu après, elle a été suivie par le Danemark, la Suède et la Norvège. Ces quatre territoires ont fait fi de la volonté de la Commission Européenne qui souhaitait limiter les contrôles sur une période de trois mois, partant du principe qu’ils enfreignaient la libre circulation des personnes. Elle n’est guère entendue par un majorité de dirigeants européens qui tendent à s’orienter vers une stratégie « à la hongroise » qui consiste à fermer hermétiquement les frontières. Seuls les écologistes allemands émettent des doutes sur l’efficacité des contrôles. Leur porte-parole la plus emblématique, Irene Mihalic, en charge des questions de sécurité au sein de la fraction des Verts (Die Grünen) au Bundestag, estime qu’il serait plus judicieux de mettre sur pied « une réelle coopération entre les services de renseignements européens ». vjp

error: Content is protected !!