Pas de limite au nombre de réfugiés

Angela Merkel

Allemagne – Avant de partir en vacances, les Allemands ont droit à la traditionnelle interview estivale accordée par le Chancelière Angela Merkel. La moment est toujours attendu, comme l’était l’entretien du président français à l’issue du défilé du 14 juillet, un rendez-vous qu’Emmanuel Marcon a décidé d’occulter.  Angela Merkel, à priori davantage sensible aux coutumes que son homologue, s’est exprimée hier sur le plateau de la première chaîne publique ARD, et largement étendue sur les deux sujets qui, en pleine campagne électorale,  passionnent et inquiètent les électeurs  allemands, en l’occurrence la crise migratoire et le réchauffement climatique. Concernant les réfugiés, la Chancelière a rejeté fermement la proposition du président du parti allié CSU, Horst Seehofer, qui souhaite qu’un nombre maximum de migrants soit fixé et ce, afin d’éviter un afflux de demandeurs d’asile que le pays ne serait pas en mesure d’encadrer. M.Seehofer avait par ailleurs évoqué une consultation nationale, à laquelle Angela Merkel s’est vivement opposée. La tête de l’exécutif allemand reste sur ses positions en estimant que c’est en luttant contre les causes du mal qu’on mettra fin à l’afflux de populations étrangères. Comment engager ce combat ? La Chancelière est restée floue et la plupart des observateurs ont été surpris par le fait qu’elle n’ait pas abordé les problèmes liés à la politique étrangère. Ni l’Europe, ni la Russie ou la Syrie n’ont été au cœur de son entretien et tout s’est déroulé, comme si Angela Merkel avait troqué ses habits de dirigeante contre ceux de candidate aux prochaines élections au Bundestag. Le président du parti bavarois a toutefois précisé qu’il continuerait à formuler sa demande. Il compte l’inscrire dans le programme de son propre parti, dont il dévoilera le contenu le 23 juillet prochain. Il va plus loin et en fait une condition à une future coalition CDU-CSU.

Zéro CO2 : pas avant la fin du siècle !

En ce qui concerne le réchauffement climatique et la suppression totale des émissions de CO2 dans l’atmosphère, la Chancelière a été plus précise mais sa position semble plus mitterrandienne  que macronienne. « Il faut donner du temps au temps » semble-t-elle penser, lorsqu’elle déclare qu’il sera mis fin aux énergies fossiles mais par étapes successives. Cet objectif passera tout d’abord par un dialogue approfondi avec les régions industrielles directement concernées avec lesquelles seront définies les alternatives en matière énergétique et leurs répercussions en terme de création d’emplois. Ce n’est qu’une fois franchi ce premier pas, qu’on passera aux choses sérieuses, lesquelles devraient conduire à une réduction de 40% des émanations de gaz carbonique d’ici 2020. Ce pourcentage devrait doubler d’ici 2050 grâce aux enseignements tirés de la première étape. Prudente et vraisemblablement réaliste, la Chancelière ne promet pas le taux zéro avant 2100. Après la catastrophe  de Fukushima, en mars 2011, elle fut la première et la seule dirigeante à avoir voulu frapper fort et renoncer  au nucléaire. Elle se retrouve aujourd’hui face à un défi sans précédent, celui de concilier la protection de la nature et des populations aux impératifs industriels avec les  réalités économiques. Les consultations avec les régions ne s’annoncent pas faciles car les plus concernées sont celles qui prêchent la mansuétude à l’égard des moteurs diesel. Les compromis avec la Basse-Saxe ne seront pas de tout repos, car elle est actionnaire de  Volkswagen, un groupe qui fait la pluie et le beau-temps sur la vie du land. vjp

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