Budget européen : Merkel joue avec le feu

Allemagne/ Pologne /République Tchèque/Slovaquie/Hongrie/ UE – Bien que son avenir politique soit de plus en plus incertain, la Chancelière allemande a pris officiellement une position qui risque d’avoir des conséquences dramatiques sur l’avenir de l’Europe. L’étincelle a été allumée par le Brexit qui pose de plus en plus de problèmes à Bruxelles. Que le Royaume-Uni soit toujours décidé à quitter l’Union est une affaire entendue, ce qui l’est moins est le nombre et le nom du ou des pays qui sont prêts à contribuer davantage au budget européen, pour combler le vide laisser par Londres. A cause du référendum, dix milliards d’euros vont manquer, en 2019, dans les caisses. Cette somme paraît astronomique alors qu’elle est en réalité ridicule si on la ramène au nombre global d’habitants vivant dans les 27 pays, est devenue prétexte à toutes les tergiversations et surtout à tous les règlements de compte qui sont davantage politiques qu’économiques ou sociaux. Forte des milliards dont elle ne sait que faire, l’Allemagne est disposée à combler une partie du trou. C’est d’ailleurs le seul sujet sur lequel les deux partis engagés sur une nouvelle grande coalition, le SPD et la CDU, sont d’accord. Les chefs d’Etat et de gouvernements qui se réunissent aujourd’hui pour travailler à l’élaboration du budget à partir de 2019 ont des points de vue diamétralement opposés.

La donneuse de leçon devient trésorière

Alexander Gauland, un vieux loup de la politique aux formules incisives !

Pour certains, à l’instar de l’Autriche et des Pays-Bas s’opposent à toute contribution supplémentaire et la chancelière rejoue les trouble-fêtes en profitant de l’occasion pour conditionner l’obtention des aides au nombre de réfugiés. En un mot, qui refuse d’accueillir des migrants sur la base de quotas auxquels elle est attachée comme à la prunelle de ses yeux, prendra le risque de voir ses subventions se réduire comme neige au soleil. En agissant de la sorte, Angela Merkel se met à dos tous les pays d’Europe Centrale, dont elle semble oublier qu’ils représentent tout de même plus de 20% de la population européenne. Indirectement, elle renie le suffrage universel, en occultant le fait que leurs dirigeants ont été élus de manière démocratique, elle remet à l’ordre du jour des sanctions qui ont déjà un effet désastreux à l’issue du conflit en Ukraine et pis, elle ravive les tensions à l’intérieur de ses propres frontières. Grâce à ce chantage exercé à l’adresse de la Pologne, de la Hongrie, de la République et de la Slovaquie, qui rappelons-le, sont unis au sein du groupe Vizegrad et se considèrent à ce titre comme le nouveau et véritable moteur européen, elle parvient à mettre au diapason deux partis que tout oppose en l’occurrence le parti d’extrême-droite AfD (Alternative für Deutschland) et Die Linke, l’aile très à gauche de la gauche traditionnelle que cherche encore à incarner le parti social-démocrate. Le premier à avoir donné de la voix est naturellement Alexander Gauland, chef de la fraction AfD au Bundestag qui, avec le brio qu’on lui connaît et auquel il recourt toujours à bon escient, a lancé « l’Allemagne passe de donneuse de leçons à trésorière en passant par dresseuse de troupeaux. » Enfin, la Chancelière oublie une chose essentielle : si les pays d’Europe Centrale se plient à ses volontés, il faudra alors que tous ceux de l’occident en fassent de même. Et là, la partie est loin d’être gagnée, notamment en ce qui concerne la France qui ne se rend compte que maintenant qu’elle n’a jamais su gérer l’immigration. Que va pondre l’exécutif comme rapports, lois et décrets pour maîtriser un afflux de population sans aucune mesure avec les quelques minorités que le pays n’arrive pas à intégrer alors même qu’elles sont pour la plupart européennes ? Personne ne peut répondre car, si les Allemands sont parvenus à s’entendre pour estimer un nombre approximatif de candidats au droit d’asile, les Français pataugent dans l’inconnu. vjp

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