BMW s’implante en Hongrie, une aubaine pour Viktor Orban

Hongrie/Allemagne – Après Audi et Mercedes qui y ont respectivement investi huit cents millions  et quatre milliards d’euros, c’est au tour de BMW de choisir la Hongrie pour assurer son développement. Le constructeur bavarois a en effet officialisé, hier, la construction d’une filiale sur le site de Debrecen, ville située à l’est du pays. Le démarrage des travaux est prévu pour le printemps 2019 ce qui devrait permettre à BMW de commercialiser dès 2020, les 150.000 véhicules à moteur électrique, hybride mais aussi à combustion classique, essence et diesel. Selon des informations diffusées par la presse économique, Debrecen était en concurrence avec d’autres cités de Slovaquie et de Roumanie, mais il semblerait que le gouvernement de Viktor Orban se soit montré plus conciliant que ses homologues des pays voisins. Le montant des investissements a été rendu public. Officiellement, le groupe  annonce un milliard d’euros, montant qui est sans aucun doute conditionné par diverses aides publiques que les ministres en charge du dossier, dont celui des Affaires Etrangères, Péter Szijjarto, se sont bien gardés de dévoiler. Après avoir massivement investi au Mexique, aux Etats-Unis et en Chine, c’est la première fois, depuis plus de vingt ans, que le groupe munichois choisit un pays européen pour assouvir ses ambitions et surtout contrer la concurrence acharnée que se livrent les labels nationaux. Le lieu voué à son expansion est judicieux car situé au cœur du cœur de l’Europe Centrale, en l’occurrence à proximité de la Roumanie et de l’Ukraine, deux territoires qui seront prometteurs dès qu’il sera mis fin à la corruption qui les ronge. Les groupes allemands choisissent toujours des sites proches des frontières. Ce fut le cas d’Audi à Györ, non loin de l’Autriche mais aussi de Daimler-Benz  Kecskemet, près de la Serbie. En terme d’emplois, l’arrivée de BMW va apporter une bouffée d’oxygène à une ville qui a beaucoup souffert des bombardements puis du régime soviétique.  Elle a, certes,  profité de l’intégration européenne mais bien qu’étant la deuxième ville la plus peuplée du pays, demeure toujours très loin, avec ses quelque 200.000 habitants, derrière la capitale qui en compte huit fois plus. BMW prévoit l’embauche d’au moins 1.000 personnes. C’est peu par rapport à Mercedes qui a recruté 4.000 salariés pour fabriquer 200.000 véhicules. Il est évident que l’arrivé de BMW, vu l’image de modernité et de prestige de la marque, ne sera pas sans conséquence, bénéfique,  sur le paysage politique de la République de Hongrie. Le nouvel entrant est en effet une victoire pour le ministre-président, Viktor Orban, qui se voit une nouvelle fois conforté dans sa stratégie, laquelle consiste à redonner sa fierté à la population hongroise, toujours traumatisée par les séquelles du Traité du Trianon et la tutelle soviétique. Refaire jouer un rôle à la Hongrie dans la nouvelle Europe économique est la plus belle et pacifique revanche que peut prendre ce chef de gouvernement sur une opinion qui lui est hostile, davantage à l’étranger que sur les rives du Danube.

(Source : Budapester Zeitung / vjp)

 

 

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