Affaire Benalla : un Président jalousé face à la vindicte populaire

France/UE – Le Président de la République est actuellement victime d’une spécificité française qui s’appelle la vindicte populaire. Dès qu’un homme démocratiquement élu commet une erreur, on ne la lui pardonne pas, pire lorsqu’il assume ses responsabilités, on continue à le dénigrer. Avec cette affaire Benalla, on a une fois encore vécu en direct ce que la politique a, grâce à la puissance et la complicité des nouveaux médias,  de plus perfide, en l’occurrence  la capacité de mobiliser des foules sur des sujets qui, qu’on le veuille ou non, n’ont pas autant d’importance qu’on veut bien nous le faire croire. Des règlements de compte sur des manifestations ou à la veille d’élections ont toujours été monnaie courante. Aujourd’hui ces faits, répréhensibles, sont filmés en direct par des réalisateurs du dimanche et commentés à la hâte par des milliers de personnes, dont aucune ne sait prendre du recul. Le problème auquel Emmanuel Macron est confronté vient du fait qu’il est jalousé de toute part, par ceux avec lesquels il a été amené à collaborer et, naturellement, par tous ses rivaux qui n’ont toujours pas digéré leur défaite. Pour ces mauvais perdants, l’affaire Benalla est une aubaine qui leur permet de se venger sans prendre de risque car ils ont l’appui d’une presse qui s’est révélée encore  plus perverse qu’eux. Que Jean-Luc Mélenchon se permette de comparer l’affaire Benalla au Watergate est le propos le plus ridicule  qu’on n’ait jamais entendu et, pourtant, aucun commentateur ne s’en est offusqué car ce parallèle permet de faire de l’audience sans avoir à réfléchir et à prendre du recul c’est-à-dire de faire le travail qu’on attend d’un journaliste. Dans ce genre de circonstances et pour prendre la température réelle d’un fait d’actualité, il est préférable, plutôt que d’analyser les résultats de sondages consécutifs au « choc de l’opinion », d’écouter ce qu’en pensent les observateurs étrangers qui eux, sont payés pour être objectifs et pour ce faire prendre les distances nécessaires à l’égard de faits qu’ils vivent dans leurs pays. N’en déplaise à tous ceux qui veulent la peau de Macron, cet homme jeune, intelligent et d’autant surprenant qu’il est atypique, l’affaire Benalla n’a pas eu à l’international et notamment en Europe, l’écho qu’ils en attendaient. Les presses allemande, autrichienne et anglo-saxonne ne l’ont pas occultée mais n’en ont pas fait pour autant leurs choux gras, car au cours de ces dernières années, ils ont été amenés à s’étendre sur des affaires beaucoup plus graves que celle dans laquelle Emmanuel Macron est aujourd’hui empêtré.  Les journalistes étrangers ont été souvent choqués par les exceptions françaises, celle qui a conduit un homme d’Etat à placer des écoutes dans le sous-sol de son Palais, celle qui a fait mentir un ministre du budget devant le Parlement, celle qui a conduit l’épouse et la famille d’un ancien 1er ministre à s’enrichir sans travailler sur le dos de la société, celle qui a permis à un coiffeur de voyager à l’œil et d’encaisser 10.000 euros par mois pour couper et teindre ce qui restait de cheveux sur la tête d’un président. Leur conscience professionnelle les a, par conséquent, conduit à s’intéresser davantage aux défis auxquels l’Europe est, à ce jour, confrontée plutôt qu’à s’étendre sur un fait qui n’a de divers que les prises de position souvent loufoques, qu’il a suscitées. Les détracteurs envieux ont dénoncé le silence post-événement du président, le présentant comme un signe de mépris à l’égard du peuple, sans reconnaître que c’était la meilleure attitude à adopter. Emmanuel Macron, en se comportant ainsi, n’a pas voulu commettre l’erreur de ses prédécesseurs qui consiste à agir dans la hâte pour éteindre un incendie dont il savait pertinemment que,  quoiqu’il arrive, il allait se raviver. Si l’affaire Benalla a eu autant d’échos, ce n’est pas parce le président est resté silencieux, c’est parce que les Français ne font plus confiance en leur justice et cette réalité, ce n’est pas Emmanuel Macron qui en est responsable mais ceux qui ont accédé à la fonction suprême avant lui et c’est la raison pour laquelle il a été élu. Alors que tous les revanchards  qui se réjouissent, tout en se revendiquant du gaullisme, réfléchissent à ce qu’écrivait leur mentor dans Le Fil de l’épée, « face à l’événement, c’est à soi-même que recourt l’homme de caractère » ! vjp

 

 

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